Les artistes

TRÉTEAUX
KARIM OULD
2021 / Installation / tréteaux

Karim Ould est diplômé en 2008 d’un master en Arts Plastiques à l’Université Rennes2.
Il a travaillé avec la galerie MICA et la galerie LENDROIT à Rennes ainsi que la galerie Artisan Social Designer à Paris.
Son travail artistique s’attache à cultiver l’idée de la représentation. Comme un outil d’abord, ou la possibilité de formuler un langage plastique en adéquation avec son époque.
La représentation aussi comme le puisement dans les ressources visuelles.
La représentation comme une mise à distance et la possibilité de montrer les travers d’une société stéréotypée. Les formulations sont donc autant d’images qui n’en sont pas, des tentatives d’allier humour et froideur, poésie et rigueur.
Comme une persistance, c’est la peinture et le tableau qui sont au centre de son travail.
Karim Ould attache une importance à décloisonner les médium et les contextes, il s’immerge dans les lieux et les histoires afin de créer du lien entre les œuvres et les publics.

La création – Tréteaux
La sculpture Tréteaux est un jeu d’empilement. Comme on empile les assiettes ou les chaises. La pile devient accumulation potentiellement infinie, une entité prenant son autonomie au-delà de l’objet unique et multiplié qui la compose.
Tréteaux peut donc se voir comme ludique car on s’amuse de l’équilibrisme et du mouvement qui en émane. Le jeu est aussi poétique : un réassemblage d’objets pour une réorganisation du réel provoquant un hiatus entre matériaux et paysage (bois travaillé industriellement et forêt), ou une image du travail créatif qui ne connait pas de fin.

RESILIENCE
ANTOINE BIROT
2021 / Installation / arbre

«J’utilise les volumes, l’espace et le mouvement pour traduire l’univers qui m’entoure. Je cherche à transformer les matériaux, même les plus pesants, en symbole de légèreté et de poésie. Que ce soit par la sculpture, la vidéo, les installations et les performances; le rapport des Hommes au monde, à leur environnement, l’expression du vivant et du sensible au sens large sont au centre de mes créations.
Inspiré par Christian Boltanski , Rebeca Horn, Roman Signer… j’utilise un ensemble de médium contemporains qui me donne une liberté dans mon geste artistique. » Antoine Birot

La création – Résilience
«Vois cet arbre, il est mort, mais lorsqu’il y a du vent, il se balance avec les autres. C’est ainsi me semble-t-il que lorsque je serai mort, je participerai quand même à la vie d’une façon ou d’une autre…» Les trois sœurs de Tchekhov
Pour Grand Air, j’ai souhaité proposer une création avec une force symbolique, qui s’intitule Résilience. Il s’agit d’une sculpture mouvante – à partir d’un arbre mort qui gisait au sol du domaine de Verrie – que j’inclue dans un environnement dans lequel elle se confond.
J’ai installé le tronc calciné (technique du Yakisugi), fixé verticalement afin de lui redonner sa grandeur sur un dispositif qui le fait tourner sur lui-même, de manière à peine perceptible, parmi d’autres arbres.
La résilience ou «l’art de sublimer les blessures» est le symbole, la métaphore et la pensée que je souhaite projeter à travers l’arbre mort; que ce soit par sa survie ou sa renaissance.
De quoi cet arbre sur lequel j’ai créé a-t-il été témoin, de quels changements, de quels bouleversements ? Les arbres sont la mémoire du monde. Ils ont vécu les saisons, produit l’oxygène, accueilli les corbeaux… Sur quoi leur ombre a-t-elle porté?
Le domaine de Verrie est un espace naturel boisé, et sauvage. Les arbres sont pour moi l’expression d’une force puissante, une forme de lutte permanente, une nécessité de se tenir debout, comme l’homme. C’est en cela que je vois une force symbolique dans ce projet.

FOMES FOMENTARIUS
Rachel Da Costa et Marine Fernandez
2018 / Faïence émaillée, terre rouge chamottée, terre blanche lisse
Fomes Fomentarius est une porte ouverte sur l’imaginaire.
Dans la Nature, le fomes fomentarius est un champignon non comestible assez répandu. Considéré comme un parasite redoutable, il n’a pas de pied et se fixe directement sur les troncs d’arbre qui s’épuisent et finissent par pourrir. De couleur sombre, il fait corps avec le substrat qu’il a envahi et se fond parfaitement dans le paysage.
Ici, les sculptures de champignons se parent d’émaux aux tons vifs pour se faire objets fantasmagoriques, illusion troublante au coeur d’une nature verdoyante.

ARBRE BLEU
Romane Jeusset, Mathilde Lacroix, Laurianne Roullier
2017 / Peinture acrylique ral 5002 (bleu outremer) / 85x400x1 700 cm
Un arbre bleu se dresse en travers du chemin, et en barre la route. Ses racines sont orientées vers la butte du Montézy, qui serait un très ancien tumulus où l’on enterrait autrefois les morts. A l’opposé, ses branches tendent vers une zone de marécage, zone de vie par excellence. A cheval entre deux mondes, et revêtu d’une couleur onirique -le fameux bleu Klein- l’arbre devient une sculpture à part entière qui structure le paysage et dont l’origine de la couleur est à découvrir sur place, dans la légende qui l’entoure.

CADRES BLANCS
Adèle Bertrand, Typhaine Le Grelle
2018 / sapin / 1000 m²
Au pays du Cadre Noir, cinq cadres blancs viennent interroger les notions d’équilibre, de rectitude et de régularité dans la pratique de l’équitation comme de l’art contemporain. Distants chacun de 20 mètres (correspondant précisément à cinq foulées d’un cheval au galop), ils ponctuent un chemin de traverse et en révèlent la perspective. A la fois obstacles visuels et anti-osbtacles pour l’équitation, ils tranchent volontairement par leur pureté avec le paysage verdoyant qu’ils occupent, et ne sont pas sans rappeler les barrières blanches de l’hippodrome.

COURANT D’AIR
Héloïse Benancie, Bérengère Goux, Jeanne Tucoulet
2019/ bandes de serrage 100 m²
Courant d’air est une harpe à vent monumentale réalisée avec des bandes de serrage à palette. Ces dernières s’enroulent autour d’un groupe d’arbres choisis et forment un espace immersif et plurisensoriel. Le spectateur a le choix de déambuler à l’intérieur de l’espace qui lui offrira différents points de vue sur le paysage.

ADVENTICES
Nadia RAGOT
2019/ Dimensions variables
Identifier les plantes sauvages et les cartographier dans un lieu maîtrisé par ‘Homme.
Donner à voir ce que l’on ne voit pas, changer de regard sur le statut de «mauvaises herbes».
Mon travail prend la forme d’un balisage des plantes sauvages, «adventices», présentes sur une partie du lieu afin d’amener les visiteur à regarder et parcourir autrement l’hippodrome.

GALOP FIGE
Théo Michel
2019/ bois, métal/ 6m x 1,8 m
En s’inspirant des chronophotographies de Marey, je m’intéresse ici à la décomposition du mouvement des chevaux et de son passage à l’état statique. Ces études ont permis de réellement comprendre la «marche» du cheval.
Ici le cheval n’est plus une image en deux dimensions mais devient un unique volume en trois dimensions qui s’intègre et contraste avec l’environnement hyper dynamique des courses hippiques. Les mouvements alors invisibles à l’oeil nu sont superposés et deviennent statiques, ce qui contraste avec l’énergie déployée tout autour par les chevaux bien vivants eux.

LE BANQUET NOCTURNE
Shuchen Liu
2018/ pierres, peinture / 2,15ml x 2,50mL
Originaire du sud de la Chine, Shuchen Liu est empreinte d’une culture qui a inventé tout un univers mystique et superstitieux autour des zones sauvages telles que les collines, les forêts ou encore les montagnes. Les contes populaires, qui se racontent de génération en génération, mêlent au gré de leurs histoires l’humain, l’immortel ou encore les fantômes et esprits. Ils sont la trace orale d’une culture chinoise antique.
Le Banquet Nocturne est un projet qui s’inscrit dans l’idée de transmettre au visiteur, en les rendant perceptibles, le pouvoir et l’esprit de la nature. L’atmosphère qui se dégage est très cérémoniale et l’espace est sanctifié.

LOST 151 C
Louise Asseray, Florence Hamon et Atlele Soltani
2018/ Contreplaqué, peinture/ 2,15ml x 2,50mL
Le signe présenté ici est un véritable élément de signalétique : Confirmation d’itinéraire d’attelage, dans sa couleur d’origine. Son insertion dans le paysage (un cul de sac encombré de végétation) produit un contre-sens, puisqu’aucun attelage ne peut suivre cette direction.
De plus, l’action de déplacer et d’agrandir le signe dans l’espace permet au modèle de gagner en matérialité, de devenir concret. Le symbole devient une sculpture. Dès lors, la perception que nous avons de la balise est transformée, il n’en reste qu’une figure abstraite, sorte de logo flottant.

SAUTER DU REGARD
Julie Frémondière
2019/ bois, acier et matériaux divers/ 20 barrières d’environ 4m, à 4m du sol
Imaginez un parcours inaccessible se déroulant en parallèle de la compétition internationale équestre saumuroise. L’objectif de cette installation est de développer une autre image du cheval dans la tête du spectateur. L’utilisation des signes des obstacles classiques tels que la longueur et l’épaisseur des barrières ainsi que le nombre et la disposition dans l’espace permettrons d’identifier facilement un parcours équestre à une autre échelle. Ce parcours aérien traverse une partie du bois allant d’un chemin à un autre ou circule les visiteurs.

THE SIZE OF THE CONTAINER
Camille Techer
2019/ Installation, bois, acier et matériaux divers/ Dimensons variables
Cette installation regroupe différents éléments qui, sur le contraste entre linéarité manufacturée et trait naturel, jouent des principes de l’Ikebana (art traditionnel de composition floral japonais).
Par des règles strictes et des symboliques fortes, l’Ikebana évoque, dans des espaces réduits et confinés (ceux du vase et de l’alcôve), des notions tout à fait similaires à celles de l’architecture et de l’In situ.
À travers des plans horizontaux et verticaux, l’espace est rendu lisible par un rapport d’échelle entre infime et monumental. Composé comme un tout, un va et vient se forme entre les différents éléments du lieu. Viennent s’immiscer des concepts de lecture, de bibliothèque et d’archivage par la collecte d’objet environnants.

TRANSLATER
Amélie Loyzeau de Grandmaison et Estelle Ménard
2018 / Bois, peinture / Dimensions variables
Sur le site de Verrie, on trouve un regroupement d’une dizaine de dolmens et menhirs. Loin de la culture druidique, ce sont des pastiches créés de toute pièce, il y a plus de vingt ans, pour « décorer » les lieux. « Translater » réalise un pas de plus dans cette direction, et révèle la dimension factice de l’ensemble de départ.
Translater est un « copier-glisser » de 4 formes stylisées et simplifiées au maximum, qui assument clairement leur statut de copie des copies.