Résidence ARTCHEVAL

28e édition d’ARTCHEVAL du 31 octobre 2020 au 24 janvier 2021
8e édition du festival OFFCHEVAL du 10 octobre au 8 novembre 2020
 

En raison de la situation sanitaire liée au COVID-19,
l’exposition Révérence issue de la résidence ARTCHEVAL
est temporairement fermée au public.
Elle sera ouverte dès que la situation le permettra.
ARTCHEVAL
ARTCHEVALmardi, novembre 17th, 2020 at 9:43
◾️ Exposition Révérences - ARTCHEVAL 2020
Découvrez le travail de Florinda Daniel, Lou Roy et Marion Gambin. A l'issue d'une résidence artistique, elles proposent l'exposition collective Révérences.

Installée au Centre d'Art Contemporain Bouvet-Ladubay, l'exposition ouvrira ses portes au public dès que la situation le permettra. En attendant, nous vous proposons de la découvrir virtuellement. Bonne visite. ✨

➡️ https://bit.ly/2IL6cMg
🎥 Pixim Communication

Abbaye Royale de Fontevraud Bouvet-Ladubay Ville de Saumur Communauté d'agglomération Saumur val de Loire Région Pays de la Loire Département de Maine-et-Loire Mécène et Loire Pichard Balme
ARTCHEVAL
ARTCHEVAL - Exposition Révérences
Dans le cadre de la résidence artistique ARTCHEVAL initiée par le Comité Equestre de Saumur en partenariat avec la Maison Bouvet-Ladubay et l’Abbaye Royale d...
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ARTCHEVAL
ARTCHEVALlundi, novembre 16th, 2020 at 4:02
Découvrez l'exposition Révérences, issue de la résidence d'artiste ARTCHEVAL.
Après neuf mois de recherche, de travail et plus de trois semaines d’immersion
sur le territoire les trois artistes, Florinda Daniel, Lou Roy et Marion Gambin proposent l’exposition collective Révérences.
ARTCHEVAL
ARTCHEVALmardi, novembre 10th, 2020 at 7:30
◾️ ARTCHEVAL - Exposition Révérences - Centre d'Art Contemporain Bouvet-Ladubay

◾️ Marion Gambin - Les chevaux ferment aussi les yeux

L’œil était fermé.

Surprenant de voir un cheval aux yeux fermés. Lui qui, sans relâche, observe dans un large périmètre, jugeant des dangers qui l’entourent. Se pourrait-il qu’il soit mort ? – D’emblée s’ouvrent des pages de la littérature, où on aura lu que la durée de la vie d’un homme se mesure à celle de trois chevaux (1). Ou simplement dormirait-il ? – Possible, même s’il dort peu et debout, ou alors il s’allonge, encore moins souvent, afin de réduire le risque de l’approche fatale d’un prédateur.

À l’approche, l’œil s’est ouvert.
Le globe d’un bleu vitreux, à la pupille allongée, observait.

Percevant l’animal comme un territoire, la photographe enregistrait ses formes et ses couleurs, focalisait sur ses articulations, cadrait la force musculaire et la beauté majestueuse. Toute à sa rencontre avec ce curieux
chien-élan – comme disaient les indiens – elle se déplaçait entre la crainte et la douceur, s’interrogeant sur cette masse puissante posée sur des jambes graciles.

Le choix de la robe est de toute importance.

Marion Gambin est venue si près, s’est arrêtée sur la matière des pelages, répertoriant les couleurs, cataloguant les robes : pie, noir, brun, blanc, tachetée, marbrée, brillante, blessée – gamme nuancée, tactile et sensuelle, étalée en échantillonnage de poils – que le regard pouvait caresser, comme une main ressentant la douceur, le sang chaud de ceux qui savent aimer.

Le cheval a cessé de fuir quand il a accepté la main dominatrice qui se posait sur lui. Gagnant ainsi sa survivance, devenant une monture, pour les voyages, les aventures, les conquêtes de l’homme, – compagnon jusque dans la guerre. Jusque dans la mort.

Marion a succombé, basculé dans le conte.

La robe Isabelle, lumière d’or pâle, ourlée du noir des pieds et de la crinière, offrait la présence magnifiée du cheval : une couleur rare au nom de femme, qui réveille les légendes anciennes. De longues rênes reliaient le cheval à sa cavalière qui, tout en habit de velours noir, semblait surgie d’une autre époque. Dans le décor d’un grand ciel gris, au pied d’un arbre de l’hiver, à la lisière de la forêt, elle immortalisait l’élégance d’un couple intime, conscient de l’illusion produite, à la frontière entre une histoire d’antan et un aujourd’hui.

L’œil s’est refermé.

(1) Erri de Luca, Trois chevaux

📝 : Valérie Fougeirol
📸 : Pixim Communication / Christophe
ARTCHEVAL
ARTCHEVALmercredi, novembre 4th, 2020 at 6:30
◾️ ARTCHEVAL - Exposition Révérences - Centre d'Art Contemporain Bouvet-Ladubay

🟥 Lou Roy - Dévêtir un prince
Attribut historique du Prince, et se confondant avec ce dernier, le statut du cheval oscille entre objet et sujet.

Lou Roy porte un regard bienveillant sur l’animal, en le débarrassant des projections dont l’homme l’affuble. L’artiste scrute, dissèque, examine puis recompose. L’identité crue de l’animal est exprimée à travers l’exhibition de son anatomie. La minutie du dessin à l’encre ou la rigueur de la broderie, servent le traitement graphique des vaisseaux constituants les entrailles, la chair, les os.

La puissance des œuvres de l’artiste relève de la confusion entre les registres. L’objet artistique se veut identifiable : un blason, un papier peint en toile de Jouy, une broderie, un vitrail. Ces supports esthétiques traditionnels se révèlent alors peu à peu au regardeur en dévoilant un sujet plus tacite. Le corps est ouvert, le dessin et les couleurs forment des entrailles. L’enchantement fait place à un dégoût teinté de fascination. Le répugnant est fardé par le geste artistique, à l’instar du cheval dont la bestialité intrinsèque est dissimulée derrière des cérémonies fastueuses et la majesté d’attitudes inculquées avec autorité.

La pratique de Lou Roy est longue et minutieuse. Les grands formats se révèlent à travers l’encre à la teinte sanguine tandis que la broderie reproduit le geste clinique de la couture. La générosité de ses réalisations tient dans leur fragilité, comme son vitrail éphémère sur papier calque qui, peu à peu, perdra de son encre au contact de la lumière. C’est donc bien une Révérence que l’artiste tire à son prince, symbolisée par le reliquaire, un hommage à sa vraie nature inhérente.

Lors de sa résidence, c’est au côté des soigneurs que Lou Roy a pensé le rapport avec l’Homme. L’installation plonge le visiteur dans un cérémonial chirurgical, détournant ainsi les
représentations canoniques du cheval en histoire de l’art. Avec un tracé qui se fait organique, le geste essentialiste de Lou Roy procure ainsi à l’animal une nouvelle noblesse toute primitive.

📝 : Madeleine Balansino Abbaye Royale de Fontevraud
📸 : Pixim Communication Christophe Gagneux
ARTCHEVAL
ARTCHEVALmardi, novembre 3rd, 2020 at 6:30
ARTCHEVAL - Exposition Révérences - Centre d'Art Contemporain Bouvet-Ladubay

◾️ Florinda Daniel - Horse Diving

Une bête de foire en vedette de spectacle, l’animal se fait support de divertissement. A Atlantic City dans les années 30, une attraction fait sensation. Une cascadeuse juchée sur un cheval saute dans un bassin trop exigu. L’attrait pour l’absurdité inquiétante de cette situation a inspiré l’artiste Florinda Daniel.

A partir de photographies et d’évènements de la culture populaire américaine, la jeune peintre convoque des images teintées d’un savant mélange d’onirisme et de réalisme. Ses œuvres explorent les limites de la figuration avec un fascinant travail sur les aplats de couleurs et des perspectives ramassées qui introduisent le trouble chez le regardeur. La matière picturale, à l’instar de l’animalité, ne se plie pas si facilement à la main de l’Homme et refuse la perception d’une réalité unique et singulière.

Ici la menace du danger de la performance effectuée par la cascadeuse, qui finira aveugle à la suite de ce saut, est atténuée par l’enrobage de sucre et d’euphorie caractéristiques des parcs d’attractions. Les mots scandés dans les foires sont détournés par l’artiste qui teinte alors la liesse populaire d’une obscurité préoccupante. Son univers oscille avec celui des affiches, où les personnages et les mots coexistent au sein d’espaces indéfinis et illusoires. Le travail de Florinda Daniel est proche d’une séquence cinématographique au cours de laquelle le scénario nous maintient en une tension séduisante.

Lors de sa résidence, l’artiste a observé des modes de vie indissociables du rapport avec l’animal. Tendresse, autorité, exigence, bienveillance : la relation est indéterminée. Le regard nerveux et pénétrant du cheval nous alerte sur cette familiarité que la théorie freudienne traduisait par l’inquiétante étrangeté. L’intensité de la peinture elliptique de Florinda Daniel suggère ce drame perpétuellement sous-jacent.

Madeleine Balansino

📸 ©ChristopheGagneux-Pixim
ARTCHEVAL
ARTCHEVALlundi, novembre 2nd, 2020 at 11:15
▪️ Exposition Révérences - ARTCHEVAL 2020.
En attendant de pouvoir découvrir virtuellement puis physiquement l’exposition, nous vous proposons quelques photos prises la semaine dernière pendant le montage 🤍.
➡️ Découvrez le catalogue d’exposition ici : https://bit.ly/3eeIDHy
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Bouvet-Ladubay Abbaye Royale de Fontevraud Mécène et Loire Ville de Saumur Communauté d'agglomération Saumur val de Loire Département de Maine-et-Loire Région Pays de la Loire